Francois Maurin

Francois Maurin

Elisa Rigoulet

FRANCOIS MAURIN
 
On pourrait parler de « peinture spatiale » tant les toiles de François Maurin semblent se construire sur un principe d’apesanteur. Jouant de la distance avec le mur sur lequel elles s’appuient, elles suggèrent dans leur souplesse et  leur plasticité une sorte de flottement.
 
Mais rien n’est laissé au hasard chez l’artiste. L’assemblage des toiles, du bois, des sangles est un minutieux « DIY » par lequel il opère une tentative de détachement définitif et d’extraction de ses formes par rapport à tout référent objectif et direct. Pourtant, il y a dans leurs formats et dans leurs échelles une quasi évidence anthropomorphique. Les toiles assument une tension entre enveloppe extérieure et tissu intérieur qui en font ce que l’artiste appelle des « singuliers », sortes de portraits ou d’auto-portraits reflétés dans ces formes-miroirs.
 
Ces tensions nouent définitivement l’ambiguïté entre le volume et l’aplat, et le travail de François Maurin s’exerce finalement à mettre en échec les deux. Sculptant ses peintures pour en évider des formes, il réalise des volumes qui contiennent en eux-mêmes leurs propres limites matérialisant l’échec de la 3ème dimension. Ses formes dissimulent toujours un verso – surface assimilée de projection mais aussi de frustration –  et contraignent le corps à les affronter de face. Les « singuliers » sont des visions, des sensations. Leur extension verticale suggère la posture d’un alter ego, se tenant debout, tentant de rassembler les morceaux d’une expérience.
Elisa Rigoulet